L’Armory Show de 1913 découverte à New York de l’art moderne européen.Cette exposition à New York en 1913 permettra aux artistes français de présenter 300 œuvres au public américain. Monet, Picasso, Kandinsky ou Marcel Duchamp y participèrent. Mais l’on jugea immorales et choquantes ces artistes Cubistes et Fauves. Pour autant, l’Armory show, organisé dans un bâtiment de l’armée, secoua fortement les artistes américains modernes. Elle permit aussi aux industriels de créer de grandes collections d’art moderne à l’origine des musées américains.

Tout commence à la fin du XIXe siècle, avec l’initiative de trois peintres américains. Le premier est le peintre Myers qui, lors de son séjour à Paris en 1896 fut très influencé par l’impressionnisme. Le second est le peintre MacRae qui pratiquait un style réaliste et japonisant à la fois. Le troisième est le peintre impressionniste Kuhn.

Kuhn rentrait d’Europe où il avait passé plusieurs années entre Paris, Barbizon et Munich, au contact des nouveaux courants artistiques émergents. Il sera le premier à mobiliser les artistes pour rompre avec le style académique américain.

Les trois artistes avaient une grande admiration pour les avant-garde européennes et désiraient ardemment contourner les règlements trop restrictifs de la National Academy of Design. Pour cela, il fallait exposer les artistes européens pour les faire connaître et sensibiliser les collectionneurs américains aux avant-gardes européennes.

Leur premier soucis fut de trouver un lieu capable d’accueillir une grande exposition. Il le trouvèrent, dans un endroit tout aussi incongru que symbolique: l’« Infantry Regiment Armory ». Il s’agissait de l’armurerie du premier bataillon de la Garde nationale situé au 68 Lexington Avenue, à Manhattan. C’est l’architecte Richard Hunt qui avait conçu ce bâtiment de style Beaux-Arts en 1904.

Il abritait entre autre un immense hall capable d’accueillir un évènement de grande envergure. Ainsi, l’on replaçait un dépôt d’armes en dépôt d’art.

Deux femmes mécènes, Gertrude Vanderbilt Whitney et Mabel Dodge Luhan, fournirent l’appui financier avec un premier versement de 5000 dollars. Et puis le reste fit son chemin. D’abord, les collectionneuses Isabella Stewart Gardner et Lillie P. Bliss firent des dons mais prêtèrent aussi les toiles de leur collection.

Des artistes français de stature internationale comme Monet , Odilon Redon et Auguste Renoir les suivirent et prêtèrent à leur tour nombre de leur création. Par ailleurs, ils mirent à disposition des organisateurs les noms et adresses de tout leur réseau, artistes et collectionneurs confondus.

On exposa ainsi 1300 oeuvres, réparties par genre et par pays. Et si la majorité des oeuvres étaient américaines, 2 galeries furent dévolues à la peinture britannique, hollandaise et allemande. Par ailleurs, le plan nous montre qu’une pièce abritait le mouvement cubiste, une autre était réservée à Cézanne. Enfin, Odilon Redon et Van Gogh avaient également leur salle, tandis que Matisse en partageait une avec Paul Gauguin . Les artistes contemporains n’étaient pas les seuls représentés.

En effet, les sections H et I proposaient une rétrospective historique de la peinture française du XIXe siècle. Elle offrait un large regard sur Ingres, Eugène Delacroix, Camille Corot, Gustave Courbet, Honoré Daumier et les tenants du symbolisme. Les autres sections consacrées aux artistes français firent une large place aux impressionnistes et aux post-impressionnistes. Le programme monté par Arthur Bowen Davies donnait finalement une large place à la peinture française. L’exposition provoqua de nombreuses critiques mais dans les coulisses, chez les galeristes et collectionneurs, le choc fut considérable.

L’Armory Show 1913. Conférence Marvejols Porte du Soubeyran le 4 septembre à 18h00